Depuis plus de vingt ans en Haïti, de soi-disant Mission des Nations unies pour la stabilisation d’ Haïti (MINUSTAH), la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS) qui commence à se retirer du pays, mais pour être immédiatement remplacée par une énième autre, baptisée « Force de répression des gangs » (FRG), s’activent.
En réalité, toutes ces missions ne sont que pures hypocrisies. Quant au sort du peuple haïtien, ces forces s’en soucient peu, d’autant plus que, leurs actions ne serviront jamais les intérêts de la majorité de la population. On se demande, d’ailleurs, ce que ces troupes étaient venues faire exactement ici, ou encore quelles étaient les véritables intentions de ceux qui les y avait amenées ? De quoi ont-ils si peur pour refuser de laisser Haïti libre et permettre au peuple haïtien de prendre en main sa propre destinée afin d’éveiller ses aspirations profondes ?
Une chose est certaine : si le peuple haïtien comprenait vraiment sa valeur, ce qu’il représente véritablement, connaissait son histoire, jamais il ne se laisserait traiter de la sorte, ni ne se laisserait réduire à un état aussi dégradant. Par son refus persistant de remonter au moment de la fondation de la nation, de reconnaître l’existence du peuple haïtien, l’impérialisme américain a alimenté chaque chapitre sanglant de cette saga.
D’un point de vue historique, l’occupation militaire qui a débuté le 29 juillet 1915 et qui a duré 19 ans est une conséquence dont les répercussions se font encore sentir aujourd’hui. De là découle ainsi une autre forme d’occupation, un autre mode de colonisation : la domination qui a anéanti tous les acquis populaires.
Cette domination est, en fait, cautionnée par la classe dirigeante haïtienne, un groupe historiquement servile, incapable de s’autogouverner. Cette entité composée d’« affranchis bornés», ne peut exister sans maître, sans colonisateur, sans seigneurs. C’est un groupe qui n’a jamais ressenti le besoin de se libérer de la domination étrangère depuis l’époque coloniale. Cette classe ne respire pas sans la présence d’une force protectrice. C’est pourquoi elle cherche constamment un prétexte pour inviter des étrangers à venir la contrôler.
la classe dirigeante haïtienne, composée d’« affranchis bornés», ne peut exister sans maître, sans colonisateur, sans seigneurs.
En l’absence de raison valable, elle préfère en créer une ou l’inventer de toutes pièces. D’où le sous-développement résiduel du pays : découlant de cette classe dominante parasitaire, sans scrupules, irresponsable et dénuée de patriotisme. Il y a un personnage du monde des médias qui illustre parfaitement la mentalité de cette classe, c’est l’éditorialiste du journal « Le Nouvelliste ».
Comment ne pas exprimer la nausée, la rage et le dégout au récit de son éditorial daté du 19 mars 2026 : « Tout Haïtien doit se rappeler que le Kenya fut le seul pays disposé à prendre la tête de la MMAS et à déployer plus d’un millier de ses policiers en Haïti, à un moment où le pays avait cruellement besoin d’assistance. »
Il nous faut répondre à cette marionnette à la mentalité colonisée. Le Kenya n’est pas venu apporter à Haïti la moindre assistance. Bien au contraire, c’est Haïti qui lui a fourni une assistance substantielle d’un coût annuel estimé à 600 millions de dollars, plus une visibilité sur le plan international. Les Kényans ont décroché un véritable emploi bien rémunéré auprès des puissances impérialistes pour humilier Haïti, leur permettant ainsi d’amasser une fortune. Tandis que les soldats kényans perçoivent des salaires exorbitants, leurs homologues haïtiens survivent avec un salaire de misère. Ce journal semble résolu à exhorter le gouvernement « de facto » haïtien à ériger un monument en l’honneur des « héros » du Kenya. Et puis quoi encore ?
« Nous ne devons jamais oublier que les Kényans ont versé leur sang pour défendre le peuple haïtien, et que trois des leurs ont trouvé la mort sur notre champ de bataille », a écrit Frantz Duval. Cette déclaration met en lumière une réalité crue de l’agenda réactionnaire et haineux d’un instrument idéologique au service du régime barbare des oligarques. Les Kényans n’étaient pas venus en solidarité au peuple haïtien opprimé donc en quête de libération, mais plutôt pour exécuter un contrat bien rémunéré, à la demande de l’impérialisme américain. En tout cas, faut-il rappeler au Le Nouvelliste que la ligne de démarcation est claire entre oppresseurs et opprimés.
Ne l’oublions pas, c’est ce même journal qui, au lendemain de l’assassinat crapuleux de Charlemagne Péralte suite à sa trahison par Jean-Baptiste Conzé, titrait en première page : « Enfin, on a tué le bandit ! », colportant sans vergogne le lavage de cerveau, la propagande insidieuse et les mensonges d’État. Le Nouvelliste ne fait que perpétuer la pratique qu’il maintient depuis sa création : nier l’existence même du peuple haïtien qui revendique les droits légitimes auxquels aspirent tous les peuples.
Ce quotidien est si profondément dépravé qu’il œuvre activement contre les intérêts des masses. Ce sont les intérêts de l’ennemi du pays et du peuple qui, en fin de compte, servent ses propres desseins. Vous ne le verrez jamais dénoncer la myriade d’obstacles qui perpétuent la misère collective de la classe ouvrière à savoir : la précarité croissante, l’exploitation à outrance et la misère accrue qui alimentent l’insécurité.
Son objectif est de perpétuer l’ignorance, de tenir le peuple en respect, de s’assurer qu’il demeure éternellement ignorant de son propre passé ; qu’il fut jadis un grand peuple, et que ce sont ses ennemis de classe qui ont assassiné ses espoirs. Les analyses de ce media ne constituent en aucun cas un appel aux masses défavorisées à s’unir pour organiser une action commune partout et sur tous les fronts pour débarrasser le pays de ses exploiteurs. Elles ne visent pas non plus à aider à surmonter les obstacles qui se dressent sur la route de la classe ouvrière.
Cette classe médiatique bourgeoise, félonne se prostitue avec tous les bourreaux du peuple. Ils sont en collusion permanente, car tous deux servent les intérêts de puissances étrangères jusqu’à creuser un abîme entre les prolétaires et les classes possédantes.
Pour mieux saisir la portée et la véritable signification de l’épreuve que traverse le pays, voyez comment cette classe de « journaleux » n’a nul besoin d’une transformation radicale du système pourri car avant tout elle dépend de lui. Qu’importe si les revendications populaires sont ensevelies ? Tout ce dont elle a besoin, c’est que le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé construise de nouvelles prisons pour y loger les personnes faussement accusées et celles qui revendiquent leurs droits. Du moment que tout roule pour la classe aisée, alors qu’il en soit ainsi !
A ce compte, nul n’a besoin de chercher ailleurs les causes profondes de la violence et de l’insécurité. Elles sont le produit d’une politique bien précise à laquelle chaque gouvernement successif a contribué, dans une continuité absolue. Nous considérons à juste titre les missions américaines opérant sous le couvert de l’ONU simplement comme de la poudre aux yeux, destinée à museler les revendications légitimes des masses laborieuses.
C’est pourquoi, plutôt que d’améliorer la vie des dépossédés, l’Empire ne fera que resserrer son étau. Car ce sont précisément ces mêmes gouvernements impérialistes qui orchestrent le pillage du pays par l’entremise de leurs multinationales tout en multipliant les interventions militaires.
Or, toutes ces interventions américaines sous couverture onusiennes sont responsables de la tragédie des dizaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants fuyant vers d’autres rivages. Leur politique de génocide vis-à-vis du pays et contre le peuple ne fait plus aucun doute.
Il est urgent de rompre avec cette politique de complot permanent, urgent de mettre les richesses du pays au service des travailleurs. Enfin, urgent de laisser le peuple haïtien prendre en main et vivre sa propre vie. Oui, laissez Haïti vivre !
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