Dans le cadre du dossier des « faux-passeports » impliquant des officiels de la Direction de l’immigration et de l’émigration (DIE), les responsables du Parquet de Port-au-Prince ont mis les charrues avant les bœufs, de l’avis du directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance qualifiant la tournure prise par l’affaire d’une « tempête dans un verre d’eau ».
Sans flagrant délit, il est inconcevable de penser l’enquête à partir des arrestations, soutient Pierre Espérance qui commentait l’interpellation le lundi 23 mars par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), instruite par le Parquet près du Tribunal de première instance de Port-au-Prince de 10 cadres de la DIE incluant son directeur général Antoine Jean Simon Fénelon et son responsable technique Jean Osselin Lambert, à la Villa d’Accueil. Le défenseur des droits humains juge scandaleux le sort accordé aux officiels de la DIE sans pouvoir établir les faits en amont.
Les personnes interpellées ont été humiliées par des autorités judiciaires en dehors des procédures requises, croit comprendre Espérance. En procédant à des interpellations irrégulières, le chef du Parquet de Port-au-Prince, Me Jean Fritz Patterson Dorval, viole le droit des garanties judiciaires des concernés, de l’avis de Pierre Espérance qui dénonce le niveau d’incompétence manifeste affichée par le responsable de la juridiction de Port-au-Prince. Le commissaire du gouvernement s’est attribué d’un pouvoir autoritaire en annonçant la libération des 10 cadres interpellés après le délai de 48 heures imparti par la loi, critique Pierre Espérance.
Au regard de ces considérations, les autorités judiciaires sont tenues de faire des excuses publiques aux personnes arbitrairement interpellées, conseille Pierre Espérance. Il dénonce une humiliation vécue par les 10 cadres placés en détention en garde à vue à la DCPJ aux côtés des individus arrêtés pour assassinat, kidnapping et autres délits criminels. Le ministre de la justice et de la sécurité publique, Me Patrick Pélissier, le ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé doivent des explications à la nation, insiste Pierre Espérance.
Hervé Noel
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