Le vendredi 20 mars, lors d’un Conseil des ministres, le gouvernement de facto a pris un arrêté par lequel il s’apprête à apporter des modifications au mandat du Conseil électoral provisoire (CEP). S’agit-il d’une conspiration, le Premier ministre étant de mèche avec certains membres du CEP pour se maintenir au pouvoir plus longtemps, ou bien d’un « coup d’État qu’il cuisine ? Si l’exécutif modifie le mandat du CEP, le calendrier électoral sera, lui aussi, révisé.
Cet arrêté enjoint au CEP de « prendre les mesures nécessaires à l’application des articles 12 et 14 du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections ». Cet arrêté bouleversera bien des choses, y compris le calendrier, de sorte que les élections prévues pour le mois d’août ne pourront plus avoir lieu.
Alix Didier Fils-Aimé s’efforce de traîner tout le monde dans la boue. Il tente désormais d’impliquer la diaspora dans le processus électoral. C’est là un travail sale et ignoble, mené à tous les niveaux au sein du pays. Pourquoi maintenant à quelques mois des élections qui devraient avoir lieu au mois d’août 2026 ?

Lors de sa réunion du 23 mars, il a laissé entendre qu’il collectait des fonds pour les élections. À ce sujet, un communiqué de presse émanant de la Primature a déclaré ce qui suit : « Cette réunion témoigne de la ferme détermination des autorités nationales à conduire le pays vers la tenue d’élections libres, inclusives, crédibles et transparentes. S’associant aux travaux du Groupe de travail national sur les élections, le Premier ministre a salué l’engagement constant de la communauté internationale aux côtés de l’État haïtien, tout en réaffirmant la priorité accordée au rétablissement de l’ordre constitutionnel ».
Ont participé à cette réunion, des membres du Conseil électoral provisoire (CEP), des membres du gouvernement ainsi que des partenaires techniques et financiers — notamment le représentant du Secrétaire général de l’ONU, Carlos Ruiz Massieu, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), ainsi que des représentants de l’Organisation des États américains (OEA)

Tout ce beau discours n’est qu’un moyen de contenter les candidats et les membres du CEP, mais il leur prépare un rude chemin. Profitant de cette situation, Alix Didier Fils-Aimé en a saisi l’occasion pour offrir des postes à certains de ses amis au sein de l’État afin de continuer le partage du gâteau. Ainsi le gouvernement a procédé à une vague de nominations au sein de l’administration publique lors du Conseil des ministres tenu le vendredi 20 mars.
Des choix bien calculés comme celui du citoyen Jacques Stevenson Thimoléon, ancien député de Petit-Goâve et membre du parti politique PHTK, nommé directeur général du BMPAD. L’ancien ministre du précédent cabinet ministériel Patrick Delatour de la Culture est nommé directeur général de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN). L’ancien ministre des Affaires étrangères et des Cultes. Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire au Brésil.

Genard Joseph est nommé secrétaire d’État à l’Intégration des personnes handicapées. Le gouvernement a également nommé Lovely François directrice générale de l’Office national d’assurance vieillesse (ONA) et Ricardo Jean Baptiste directeur du Centre national des ambulances (CAN). Arnaud Venant est nommé directeur général du ministère de la Défense.

Osny Jean Marie est nommé directeur général du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle. L’Agence nationale des aires protégées (ANAP) sera dirigée par Pierre André Gédéon.
L’ancien député Franck Lauture est nommé directeur général de l’Institut national de formation professionnelle (INFP). Stéphanie Paultre est nommée directrice générale de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE).
Plusieurs directeurs généraux et responsables d’organismes étatiques devraient être installés très prochainement.

Il faut bien se le demander : s’agit-il de coup d’État ou de conspiration avec le CEP ? « La carte d’identification nationale est la clé de la démocratie » a déclaré le Premier ministre lors de sa visite à l’Office national d’identification (ONI) le mardi 24 mars 2026. Au cours de cette visite, il a saisi l’occasion pour lancer un projet intitulé « Kat ou la », visant à renforcer le système national d’identification.
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