Quelle étrange coïncidence ! Tout comme à l’époque de la défunte mission de stabilisation de — la MINUSTAH —, chaque renouvellement de mandat semble amplifier les tensions et la violence. Est-ce dans ce même contexte que, dans la localité de Jean-Denis (Petite-Rivière de l’Artibonite), deux groupes de gangs — la « Coalition des brigadiers » et le groupe du « Grand Grif » — se sont affrontés dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars 2026 ? Ces événements, qui ont fait des morts et des blessés, sont-ils ce qui a précipité la réunion tenue ce mardi 31 mars à la Primature entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et une délégation de haut niveau des Nations unies, conduite par Atul Khare, Secrétaire général adjoint au Département de soutien opérationnel ?
En effet, cette délégation comprenait également Daniela Kroslak, Sous-Secrétaire générale et cheffe du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (UNSOH), ainsi que Stephen McOwan, directeur de l’appui à la mission. Tous les échanges ont porté sur les conditions opérationnelles, logistiques et institutionnelles nécessaires à un déploiement rapide et efficace du dispositif international pour le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG) ?

Les discussions ont également porté sur les rôles respectifs du BINUH et de l’UNSOH. À l’issue de la réunion, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de coopérer. Cette coopération repose sur le respect de la souveraineté nationale et l’efficacité opérationnelle. Le gouvernement haïtien a renouvelé son engagement : il souhaite rétablir la sécurité et permettre à la population de retrouver un climat de paix et de stabilité.
Quant au bilan de cette guerre, chacun y va de sa propre estimation. Les organisations de défense des droits humains rapportent un bilan de 70 morts, des dizaines de blessés et une cinquantaine de maisons incendiées. Toutefois, le coordinateur du Comité d’initiative pour la paix dans le Bas-Artibonite (CIPBA), André Saint-Louis, affirme que « ces statistiques amplifient la tragédie » et que le nombre de victimes mortelles n’excède pas la vingtaine. Selon nous d’Haïti Liberté, il ne devrait pas y en avoir une seule ; si l’État haïtien avait assumé la responsabilité de la gestion du département, il n’aurait pas laissé la population errer tel un troupeau de chèvres sans berger.

Pour faire la promotion de la fausse répression des gangs qui s’annonce, certains n’hésitent pas à mentir ou à produire de faux rapports. En réalité, s’il n’y avait pas cette violence — où des gens s’entretuent sans raison apparente —, cette entreprise d’État à vocation commerciale, ainsi que les hommes d’affaires de l’ONU, n’auraient plus de raison d’être. C’est précisément parce que les habitants de la région n’ont rien à faire qu’ils s’affrontent entre eux. Pourquoi n’investissent-ils pas dans leurs localités, ne créent-ils pas d’emplois, ne donnent-ils pas aux agriculteurs les moyens de cultiver la terre ? Ce sont ces mêmes personnes qui ont ruiné le pays en détruisant son agriculture, et qui reviennent aujourd’hui, accompagnées de leur armée étrangère, pour y ramener la paix. De cette manière, la paix ne s’installera jamais, car celui qui donne les ordres est aussi celui qui prétend apporter les solutions.
La journaliste Christianne Jean-Marie, porte-parole de l’association féministe « Dwa Fanm », rejoint l’avis du coordinateur de CIPBA, André Saint-Louis. « Parler de près d’une centaine de morts relève de l’exagération. D’autant plus que ceux qui avancent ces chiffres ne sont pas issus du quartier Jean-Denis. Nous avons perdu 20 personnes », a déclaré la journaliste. Choudeline Delouis, secrétaire générale de l’organisation « Flagran Deli », refusant quant à elle de se joindre à cette propagande mensongère.
Il est des personnes qui ne sont pas à l’aise avec la paix ; ce n’est qu’en temps de guerre qu’elles prospèrent, car la violence est leur élément naturel. À l’instar de l’État haïtien et du Premier ministre Fils-Aimé, cette guerre lui sert de prétexte pour forcer le CEP à s’écarter de la question électorale. Après tout, ce n’est pas là sa vocation première ; c’est le pouvoir de diriger qu’il anime, et c’est précisément la raison pour laquelle il signe, au passage, des contrats engageant la responsabilité de l’État. Et ce faisant, il bénéficie du soutien inconditionnel d’autres hommes d’affaires au sein de la soi-disant « communauté internationale ».
Il convient de souligner que le cabinet du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n’avait publié aucune note officielle, plus de 24 heures après le déclenchement de ce conflit entre les deux groupes armés. La communauté internationale, quant à elle, exprime sa vive indignation. Johanna Pelaez, chercheuse régionale pour les Caraïbes au sein d’Amnesty International, insiste sur l’urgence d’une collaboration entre le gouvernement haïtien et la communauté internationale afin de trouver une solution durable à la crise sécuritaire, dans l’attente du déploiement de la nouvelle opération internationale.
Sur le réseau social X, le chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Carlos Ruiz Massieu, a dénoncé les attaques brutales et coordonnées menées par des gangs, lesquelles ont fait au moins 70 morts à Jean-Denis, dans la commune de Petite-Rivière-de-l’Artibonite.
L’Office de la protection du citoyen (OPC) a indiqué, dans une note, que 16 personnes avaient été tuées — dont une femme — et que 19 autres avaient été blessées par balles. L’organisation « Collective Defenders Plus » fait état d’un bilan encore plus lourd dans certaines zones, recensant plus de 80 morts, 90 blessés par balles et 70 maisons incendiées au cours d’une attaque perpétrée par des hommes du groupe « Gran Grif » à Savien.
L’ambassade des États-Unis — dont le pays bombarde la population iranienne avec des missiles — a annoncé qu’elle était profondément attristée par les attaques perpétrées à Jean-Denis. Elle adresse ses condoléances aux familles des victimes et a également déclaré : nous « continuerons de soutenir la Police nationale d’Haïti (PNH) et la Force de répression des gangs (FRG), qui sera bientôt renforcée pour combattre ces groupes armés ».
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